Participation, mobilisation, concertation, médiation

Description de l'enjeu

Qu’entend-on par participation citoyenne? Le concept a traversé des contextes changeants, amenant différentes visions de la participation des citoyens, différents degrés de reconnaissance et différents espaces de participation.

Entre les années 1960 et 1980, la participation citoyenne s’exprime surtout à travers des comités de citoyens, soutenus par des animateurs sociaux. Le logement et les droits sociaux sont en général des sujets privilégiés.

Au début des années 1980, l’État reconnaît formellement les organismes communautaires, qui se voient alors confiés la responsabilité de certains services à la population. Cette reconnaissance les place devant le défi de maintenir leur autonomie (militantisme, vie démocratique, etc.). L’effet de «professionnalisation», vécu durement dans quelques secteurs de l’action communautaire, n’est pas sans conséquence sur la participation des citoyens à la vie des organismes et, plus globalement, sur les objectifs de développement de la citoyenneté. Les citoyens ont ainsi moins de place dans les instances décisionnelles et deviennent essentiellement des «usagers».

De nos jours, on assiste à la remontée de la démocratie participative et à la reconnaissance de la participation des citoyens comme stratégie d’engagement collectif et de développement local. Or, cette participation demeure un grand défi, tant en terme de mobilisation que de réelle prise des citoyens sur les décisions qui les concernent.

La relation entre la participation citoyenne et l’aménagement urbain par exemple, ne peut pas être comprise sans aborder le rapport au territoire. Cette relation est à la base du sentiment d’appartenance qui amène les citoyens à s’impliquer dans l’aménagement de leur espace de vie. Un espace partagé sur lequel les individus ont des intérêts communs, crée des liens et permet des actions collectives. La citoyenneté se construit donc essentiellement à l’échelle du quartier.

C’est également dans l’espace social que se cachent des relations de pouvoir. Les acteurs n’investissent pas l’espace de la même manière et n’ont pas les mêmes buts. Il s’ensuit des tensions et des négociations pour soumettre les pratiques sociales à certaines préoccupations.

Des pistes pour l’intervention
L’histoire de Montréal est riche d’expériences citoyennes. Ces expériences ont amené des changements parfois très importants, bloquant des projets ou en suscitant d’autres. Elles ont généralement permis une meilleure prise en compte des besoins sociaux et, parfois, de donner un réel pouvoir de décision aux citoyens quant au développement de leur milieu de vie.

Les espaces de participation citoyenne sont diverses. Certains règlements, mécanismes et outils formels (consultations publiques, assemblées publiques, Charte montréalaise des droits et responsabilités, Ombusman, etc.) permettent l’expression des préoccupations citoyennes et leur prise en compte. Les comités de citoyens, cafés-urbains, assemblées citoyennes, etc. sont d’autres espaces, davantage informels, à travers lesquels les citoyens peuvent s’informer, définir leur vision et leurs priorités et interpeller les institutions publiques et les acteurs privés.

La participation citoyenne, la mobilisation et la concertation sont les piliers sur lesquels s’appuient les décisions et les engagements susceptibles d’améliorer de manière durable la qualité de vie à Montréal. Le dynamisme social se conjugue à celui des individus. Une implication citoyenne tant au niveau politique que dans la prise en charge de projets locaux est le plus sûr moyen de faire de Montréal une ville qui nous ressemble et des quartiers que nous habitons, des milieux de vie qui s’harmonisent avec nos valeurs et nos ambitions sociales.

La tâche de la mobilisation n’est pas facile. Elle exige un engagement et un dévouement constants et exemplaires. Vous trouverez dans cette section des outils et des projets stimulants et inspirants.

Implication politique
Les conseils d’arrondissement sont des assemblées publiques au cours desquels les citoyens sont invités à s’informer et à discuter des décisions prises par les élus et les administrations de leur arrondissement. Il s’agit d’un des lieux de démocratie où il est possible et souhaitable de faire valoir les opinions citoyennes sur des enjeux qui touchent directement la vie des quartiers. Vous trouverez les dates et les ordres du jour des 19 conseils d’arrondissement sur le site de la Ville de Montréal.

Les Commissions et les consultations publiques permettent aux groupes et aux individus de participer à l’élaboration de politiques et de décisions sur des enjeux majeurs pour l’ensemble de la Ville de Montréal. Il s’agit de moments privilégiés de démocratie où la participation souhaitée du plus grand nombre permet d’influer sur les prises de décision pour l’ensemble de la population montréalaise. Il est d’ailleurs possible pour les citoyens de demander la tenue d’une consultation publique. Vous trouverez les informations sur l’Espace citoyen de la Ville de Montréal.

Implication pratique
Au cœur des quartiers, des groupes sociaux, des tables de concertation, diverses organisations publiques et privées et de nombreux individus prennent en main des projets mobilisateurs qui font palpiter le cœur vivant des quartiers. C’est à travers ces initiatives que se construisent les couleurs particulières, l’appartenance et le souci de construire un environnement humain favorable à tous. Ruelles vertes et blanches, plantations, fêtes, corvées, non seulement ces projets concourent à améliorer l’environnement immédiat, mais ils proposent une vision de la communauté et de son rôle démocratique.

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