Itinérance

Description de l'enjeu

Depuis plus de 25 ans, l’errance urbaine est une problématique qui mobilise le gouvernement du Québec, la Ville de Montréal et leurs partenaires communautaires, institutionnels et privés. Plusieurs plans d’action, interventions, mesures et programmes ont été mis en place afin d’enrayer ce phénomène et d’éliminer les obstacles qui freinent la sortie de l’itinérance de nos concitoyens éprouvés par la vie.

Dans ce cadre de concertation, les interventions de la Ville prennent plusieurs formes :

  • l’aide aux organismes œuvrant directement auprès des personnes itinérantes;
  • les interventions de sécurité publique et de gestion des espaces publics;
  • le soutien à la recherche et au développement d’approches concertées;
  • l’aide au développement de logements pour personnes vulnérables.

À la Ville de Montréal, le Service de la diversité sociale et des sports participe au financement de services d’accueil, de référence, d’accompagnement et de suivi destinés aux personnes en situation d’itinérance. Elle contribue activement à l’émergence de projets novateurs, à l’animation de divers comités de travail ainsi qu’à la coordination des services d’hébergement d’urgence en hiver comme en été.

Les visages de l’itinérance
La présence importante de personnes sans abri dans les quartiers centraux ainsi que l’ampleur des problèmes auxquels elles sont aux prises (toxicomanie, troubles de santé mentale et déficiences physiques) est préoccupante. Les intervenants témoignent en effet d’un vieillissement prématuré de la population itinérante, mais également d’une plus grande présence de femmes, de personnes ayant des problèmes de santé mentale sévères et de membres des communautés des Premières Nations et Inuits dans les rues de Montréal.

Une politique gouvernementale
En 2013, le gouvernement du Québec a tenu une consultation élargie sur son projet de Politique gouvernementale en itinérance à Montréal qui a réuni des représentants en provenance de tout le Québec. La mise en place d’une politique nationale en matière d’itinérance répond au souhait formulé à maintes reprises par la Ville de Montréal et les réseaux qui œuvrent auprès des personnes en situation d’itinérance. Le document de consultation témoigne d’une volonté de mettre en place une stratégie globale et intégrée.

En décembre 2014, le gouvernement du Québec a lancé le Plan d’action interministériel en itinérance 2015-2020 – Mobilisés et engagés pour prévenir et réduire l’itinérance, donnant ainsi suite à l’adoption de la Politique nationale de lutte à l’itinérance – Ensemble pour éviter la rue et s’en sortir.

Un plan d’action montréalais 2014-2017
La Ville de Montréal adoptait à l’automne 2014 le Plan d’action montréalais en itinérance 2014-2017 – Parce que la rue est une impasse afin de répondre à cette problématique en partenariat avec ses partenaires.

Au printemps 2015, un dénombrement des personnes en situation d’itinérance s’est déroulé à Montréal avec l’objectif d’avoir un portrait actualisé de la situation dans la rue et dans les ressources d’hébergement.

Par ailleurs, la Charte montréalaise des droits et responsabilités prévoit déjà que la Ville s’engage, avec ses partenaires, à combattre le profilage social, la pauvreté et l’exclusion.

Des chiffres
Selon le dernier dénombrement des itinérants, réalisé par l’Institut de la statistique du Québec en 1998, on comptait à Montréal 28 214 personnes différentes ayant fréquenté un centre d’hébergement, une soupe populaire ou un centre de jour. De ce nombre, 12 666 avaient été sans domicile fixe au cours des 12 derniers mois. (Santé Montréal, Québec)

Dans le documentaire web Chez soi de l’Office national du film (ONF) en lien avec la Commission de la santé mentale au Canada pour stopper l’itinérance chronique, on évalue le coût réel de l’itinérance à 1,4 G$ par année. La solution proposée est celle de donner un toit aux sans-abris, un Chez soi. À Montréal, une nuitée à l’hôpital coûte 975$. Les participants y ont passé en moyenne 8 jours. Une nuitée en prison coûte 163$. Une nuitée Chez soi coûte environ 49$.»

Les sans-abri sont la plupart du temps des personnes fragilisées et souffrantes. Les actions menées à Montréal contribuent à les aider à sortir du cycle de l’itinérance.

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