Chez Doris : Un havre pour les femmes

Milieu de vie pour les femmes en difficulté et itinérantes Chez Doris offre un refuge de jour ouvert 7 jours sur 7 dans le quartier Peter-McGill. C’est là que l’on trouve un repas chaud, du répit et des références, mais aussi des activités et des services pratiques gratuits pour alléger le quotidien, en commençant par du dépannage alimentaire et vestimentaire. «Cela va du service juridique à la coupe de cheveux, tout ce qui aide les femmes à aller mieux. Elles ne peuvent souvent pas se les offrir et savent qu’ici, elles auront des services, mais aussi une grande écoute», relève la directrice Marina Boulos-Winton.
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L’un des services les plus utilisés est la fiducie financière qui aide ainsi 90 femmes à faire face aux contraintes d’un budget et à leurs échéances financières. Le transit du chèque d’assistance sociale par l’organisme paye en priorité le loyer et les factures, ce qui rassure les propriétaires, mais surtout écarte le retour à la rue.

Femmes d’ici, femmes d’ailleurs
Cet organisme de bienfaisance reçoit une centaine de visites de femmes par jour, ce qui représente près de 26 000 visites par année et accueille plus de 1000 femmes différentes. Elles sont pour 30 % en situation d’itinérance, et 50% l’ont été dans le passé. Un tiers d’entre-elles sont francophones, 22% sont autochtones, 17% anglophones. Le reste proviendrait de l’immigration récente.

«Ce sont les Nations-Unis, ici. Nous notons une hausse des femmes en difficulté en provenance du Moyen-Orient qui, lorsque leur mariage ne fonctionne plus, se retrouvent en situation de grande précarité en raison de l’absence de revenus et de leur statut d’immigrées», explique la directrice.
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Clinique médicale
L’organisme a pour projet de rénover sa clinique médicale qui a beaucoup vieilli depuis 30 ans. En partenariat avec Télus-santé, de nouveaux équipements viendront mieux répondre aux besoins de la clientèle marginalisée. «Nous pourrons offrir de meilleurs services, mais aussi de la prévention et du dépistage auprès d’une clientèle vieillissante – la moyenne est actuellement de 51 ans – et aux prises avec de nouvelles maladies – diabète, problèmes rénaux, etc. – et nous voulons passer à la numérisation de notre système», résume Marina Boulos-Winton.

Logement social
Un autre besoin criant est le logement social destiné à une clientèle nécessitant des besoins d’accompagnement. À l’inspiration de l’initiative américaine «Logement d’abord» (Housing First) qui rénove des hôtels afin de loger les personnes itinérantes, Chez Doris a développé un programme de logement qui offrira à 54 femmes de se loger d’ici 2019. L’organisme est actuellement à la recherche d’un ou deux immeubles abordables susceptibles d’accueillir du logement social dans l’ouest de la ville, aux alentours de la station de métro Atwater.