Forum social mondial :: Bâtir un autre monde

La militante malienne Aminata Traoré ne sera pas à Montréal. Pas de visa et beaucoup de solidarité avec tous ceux qui n’ont pas pu obtenir ce passe vers Montréal où se déroule la 12e édition du Forum social mondial. Après la Tunisie et pour la première fois dans un pays du Nord occidental, le nouveau rassemblement des mouvements sociaux à dominante sociale – connu aussi sous «anti-Davos» – veut passer de la réflexion à l’action.

«C’est un moment de rencontres et d’échanges privilégiés avec des acteurs des mouvements de gauche du monde entier et de sortir du néolibéralisme pour bâtir un autre monde possible», soutient Samuel Raymond, membre du collectif d’organisation du Forum.

Près de 50 000 personnes sont attendues – bien que 15 000 seulement étaient inscrites en début de semaine – qui devront faire des choix déchirants entre les ateliers autogérés, des assemblées de convergence, de grandes conférences, des cercles de discussion et bien d’autres choses encore, dont la Foire Écosphère, environnement et écohabitation.

Une programmation diversifiée
La programmation compte 113 pages avec 13 axes thématiques, dont la défense de la Terre-Mère, l’économie solidaire ou encore la décroissance. Pour la première fois au Forum, les questions LGBT seront mises de l’avant grâce au Comité diversité-genre-sexualité. «Un thème présent dès la première journée et c’est la première fois qu’il y a autant d’énergie à présenter les causes et les militants de la diversité, c’est une formidable opportunité pour les découvrir», relève le jeune homme.

Art et musique
L’art et la musique ne seront pas en reste, à la Société des Arts technologiques (SAT) et au Monument national. De nombreuses rencontres et collaborations démarrent souvent lors de rencontres moins formelles, en marge d’un concert, soutient le militant. Sans compter que l’art reste porteur de messages qu’il rend accessibles au plus grand nombre.

Actions
Il y aura au final une agora des initiatives pour créer un calendrier des actions à entreprendre. «Il n’y aura pas de grand accord, comme à la COP21 par exemple, ni de grand contrat, mais nous favorisons l’engagement actif et que les gens adhèrent, selon leur libre choix, au plan d’actions imaginé lors du forum», explique le jeune bachelier en communication et diplômé de sciences des religions et de musique.