Cultiver l’espoir :: ressusciter des terres pour combattre la faim

Comment assurer un approvisionnement hivernal aux organismes en sécurité alimentaire de Montréal ? L’épineuse question a donné naissance à une initiative d’agriculture urbaine ambitieuse : le projet Cultiver l’espoir du Regroupement des Magasins Partage de l’Île de Montréal (RMPIM). «Nous voulons réussir à atteindre une production de 24 hectares (soit 40 terrains de football) de légumes biologiques locaux financée par les mieux nantis pour répondre à l’insécurité alimentaire d’une large part de la population de Montréal», présente l’investigatrice du projet et cofondatrice et directrice générale du RMPIM, Sylvie Fréchette.

Agriculture urbaine
Sur les terres agricoles inexploitées et mises à disposition par la Ville de Montréal, l’entreprise d’insertion sociale en agriculture D-3 Pierres sera en charge de la production de légumes qui sera partiellement vendue à des grossistes de légumes biologiques. L’autre partie, soit 40% de la production, sera entreposée par les organismes en sécurité alimentaire, comme Moisson Montréal ou Jeunesse au Soleil.

Lancé l’an dernier, le projet pilote annonce déjà une récolte fructueuse : 43 000 kg de légumes (choux verts et rutabagas) ont été récoltés en 2015 sur les deux hectares. «Nous visons à élargir la production à 4 légumes souche, en plus des choux verts et des rutabagas, il y aura la culture de carottes et de betteraves, dont se nourrissent toutes les familles des communautés», relève Sylvie Fréchette.

Légumes biologiques
La demande en légumes biologiques locaux est au beau fixe – 75% seraient importés. Cette initiative d’agriculture urbaine biologique et de proximité sur de grandes surfaces permettra de répondre à deux demandes criantes de la métropole. «C’est un projet novateur qui nourrit les plus pauvres grâce à la contribution des plus riches. Nous souhaitons qu’il soit repris par d’autres municipalités québécoises et même au-delà», s’exclame l’investigatrice du projet.

Les partenaires
Le projet Cultiver l’espoir a vu le jour grâce à un coup de pouce de l’œuvre Léger (83 000$), le prêt des terres de la Ville de Montréal, le partenariat de D-3 Pierres, du Fonds d’investissement du rayonnement métropolitain et le soutien des défunts CDEC, CLD et CRÉ de l’Ouest-de-l’Île.

Crever de faim à Montréal ?
Selon le Portrait de la sécurité alimentaire, Montréal se positionne en 2e position des villes canadiennes où une partie de sa population est susceptible de souffrir de la faim. Un Montréalais sur six vit de l’insécurité alimentaire. Le seuil des personnes vivant sous le seuil de faible revenu est de 29% pour le territoire de l’Île de Montréal.