L’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec :: Des soins bienveillants pour nos aînés

Malnutrition, déshydratation, multiplications des plaies et des chutes, de nombreux aînés ne reçoivent pas les soins appropriés en résidence et en centre d’hébergement. Un problème qui fait tristement les manchettes des médias, comme dernièrement le manque de bain dans les centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Quand un bain devient un symbole
«Le manque de bain est un symbole de ce qui se passe. Ce n’est pas au médecin de prescrire ce soin de base et cela montre combien les ressources sont parfois mal utilisées. Il importe de mieux évaluer les besoins d’une clientèle plus lourde qu’avant et d’y répondre avec bienveillance», relève la présidente de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ), Lucie Tremblay.

L’organisme, qui regroupe 74 000 infirmières et infirmiers québécois, a déposé un mémoire au Secrétariat aux aînés du ministère de la Famille pour répondre à la consultation autour du prochain «Plan gouvernemental pour contrer la maltraitance envers les personnes aînées 2017-2022».

Une situation complexe
Vieillissement de la population, augmentation des maladies chroniques et perte d’autonomie, la clientèle des centres d’hébergement et des résidences privées pour aînés a changé. Les résidents vivent plus longtemps et sont souvent plus malades qu’avant, ce qui complexifie le travail des équipes de soins.

Les personnes aînées des centres d’hébergement sont les plus vulnérables. «80% ont un déficit cognitif, des problèmes physiques et mentaux. L’offre de soins n’est plus appropriée et il importe de réagir avant qu’une situation de crise se produise. Il faut évaluer ce qui doit être changer pour que le système prenne mieux compte des plus vulnérables», soutient Lucie Tremblay.

Miser sur la «bientraitance»
Pour contrer la maltraitance envers les aînés, l’organisme met de l’avant la bientraitance et l’importance d’une plus grande collaboration au sein des équipes de soins et entre les différents professionnels de la santé. La bientraitance consiste à prendre en compte l’être humain dans son entièreté.

«C’est une attitude et une façon de faire où l’on prend en compte les besoins de la personne et son désir d’autonomie. La personne et ses proches collaborent à la prise de décision dans le respect», explique Mme Tremblay.

Des recommandations
Dans son mémoire, l’OIIQ fait six recommandations, comme le ratio infirmière-résidents, qui ne devrait pas dépasser une infirmière pour 32 patients de jour, ou encore l’intégration des infirmières praticiennes spécialisées de première ligne dans les CHSLD. «Même l’infirmière la plus compétente et organisée n’est pas capable de répondre aux besoins de 180 résidents. C’est lorsque l’on n’a pas assez de personnel ou les bonnes personnes que le risque de maltraitance augmente», rappelle Mme Tremblay.

L’OIIQ mène actuellement un projet avec six CHSLD où les infirmières praticiennes présentes dans les centres gèrent les évaluations, sur le modèle d’autres provinces canadiennes. Cette mesure simple a des impacts sur les soins et la qualité de vie des patients en réduisant les transferts aux urgences et la consommation de psychotropes. Par ricochet, les changements réduisent les chutes et augmentent l’autonomie des résidents.