Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion :: L’Observatoire de la pauvreté

Lieu d’observation et de recherche, le Centre d’étude sur la pauvreté et l’exclusion (CEPE) du Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale tente de dessiner avec justesse le portrait de la pauvreté au Québec. «Nous avons pour mandat de fournir des informations fiables sur la pauvreté et l’exclusion pour alimenter les décideurs, les acteurs du terrain et la société civile en données scientifiques», explique le chargé de projets majeurs du CEPE, Guy Fréchet.

Lancé en 2005, le centre d’études et de recherches s’inspire d’un modèle français créé en 1998, l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale né de la Loi d’orientation relative à la lutte contre les exclusions. Le CEPE découle lui aussi d’une loi, celle visant à lutter contre la pauvreté et les exclusions sociales qui énonce une stratégie nationale de lutte aux exclusions. «Avec le changement de gouvernement, il n’y a pas eu de nouvelle structure créée, mais le mandat reste le même», soutient M. Fréchet.

Nécessaires indicateurs
Pour nourrir le premier Plan d’action en matière de lutte contre la pauvreté, le CEPE, avec la collaboration de l’Institut de la statistique du Québec, a dressé un inventaire d’indicateurs de pauvreté et d’exclusion. L’un des indicateurs les plus connus est la Mesure du panier de consommation, qui se calcule dans tout le Canada, se base sur 5 postes de dépense (logement, nourriture, transport, vêtements et autres).

«Le coût du panier de consommation peut nous donner un indice de la défavorisation matérielle. C’est une mesure pancanadienne du coût de la vie qui varie suivant les provinces et les villes – par exemple, celui de Montréal est plus accessible qu’à Toronto et Vancouver», explique Guy Fréchet.

Seuil de faible revenu

À l’heure où de nombreux organismes prônent une hausse du revenu minimum à 15$/heure, le CEPE documente la persistance du faible revenu et l’état de situation de la pauvreté au Québec. Les données de 2011 nous informent d’une stabilité entre 2002 et 2011 -10% de la population sous le seuil de pauvreté – bien que l’on note une légère hausse chez les personnes seules – de 23% à 27% sur la même période.

«On n’observe pas de grand changement entre 2011 et 2015. La tendance est stable. D’autres études nous ont permis de calculer les coûts de la pauvreté – 17 milliards $ pour le Québec (données de 2008) contre 35 milliards$ pour le Canada. C’est très significatif. Le principal levier pour en sortir reste la scolarité, chaque année scolaire de plus hausse le revenu et donc éloigne de la pauvreté», soutient Guy Fréchet.

Les observateurs relèvent un taux de pauvreté stable, mais constatent une hausse des inégalités depuis les années 1990. Le filet de protection sociale joue encore son rôle au Québec tout comme la redistribution fiscale, mais chaque recul élargit le fossé qui se creuse entre les riches et les pauvres.