Le Mois de l’Histoire des Noirs : 25 ans de reconnaissance de la présence noire au Québec

C’était il y a 25 ans, à l’Hôtel de Ville de Montréal, un groupe de personnes demande à être reçu par le maire Jean Doré. «Il y avait alors beaucoup de discrimination et peu de portes ouvertes aux citoyens noirs pour des emplois à la fonction publique ou à la police. C’est vrai que depuis il y a eu de gros gains, mais lorsqu’on regarde autour de nous, il y a encore un grand clivage entre les droits acquis et leur mise en application», soutient la coordonnatrice du Mois de l’Histoire des Noirs, Carla Beauvais.

Avec l’appui de la ville et du Ministère de l’Immigration, la Table ronde du Mois de l’histoire des Noirs a vu le jour pour représenter les intérêts communautaires des communautés noires d’Haïti et d’ailleurs. Les fondateurs de notre événement voulaient également réhabiliter l’histoire des noirs et leur apport au Québec et au Canada.

Histoire mal connue
Marie-Joseph Angélique, Mathieu Da Costa, et tant d’autres. À côté de ces personnalités figurent aussi en bonne place les travailleurs du chemin de fer de la Petite-Bourgogne ou le bataillon de soldats noirs de la Première Guerre mondiale. «Leur histoire reste mal connue ou inconnue. Qui se souvient de la saga judiciaire de Fred Christie à qui le serveur de la Taverne York, proche du Forum, avait refusé un verre en raison de sa couleur de peau?», relève la coordonnatrice.

Mois de l’histoire des Noirs
Le 23 novembre 2006, l’Assemblée nationale du Québec a adopté le projet de loi pour faire du mois de février le Mois de l’histoire des Noirs – en vigueur depuis le 1er février 2007. Depuis 10 ans, l’événement a évolué pour devenir accessible à un plus large public en faisant la part belle à la culture des différentes communautés noires du Québec.

«Cela a été le fruit de la restructuration de l’organisme qui s’est doté alors d’un plan de communication et de promotion de nos activités. Cela a amené notre événement à un autre niveau. Nous sommes maintenant considérés comme un festival culturel», explique Carla Beauvais.

Un festival pour tous
Le Mois de l’Histoire des Noirs se veut inclusif et se destine à tous les Montréalais. Pour ne pas célébrer seul ce quart de siècle, le festival s’est adjoint 12 organismes majeurs : Ligue des Noirs, l’Association des enseignants d’Haïti, la Maison d’Haïti, Vues d’Afrique, etc. «Nombre de ces organismes célèbrent aussi 25 ans de participation à l’émancipation des communautés noires et de leur rayonnement au Québec et au Canada. C’est une célébration commune de ce que nous sommes et de ce que nous faisons», ajoute la coordonnatrice.

Pour cette édition festive, les porte-paroles seront la chanteuse de jazz Ranee Lee – à qui on doit la comédie musicale «Dark Divas» qui présente les plus grandes chanteuses noires du 20e siècle -, le rappeur Webster et l’humoriste Eddie King.

Quelques activités incontournables de la programmation
Exposition Égérie noire à la Place des Arts, du 5 au 28 février à l’Espace culturel Georges-Émile-Lapalme de la Place des Arts.

Projection du documentaire «L’honneur avant la Gloire», un film retraçant l’histoire du Bataillon de construction numéro deux, la seule unité de l’armée canadienne composée exclusivement de soldats noirs afro-descendants. Le 7 février au Musée McCord.

Alliance économique pour une culture de prospérité – Forum économique international des Noirs, le 11 février à 18 heures au 3737 Crémazie Est 3éme étage, Montréal

Collecte de sang, le 20 février au CEDA (2515 rue Delisle). La transfusion sanguine permet de lutter contre l’anémie falciforme, une maladie sanguine qui affecte des milliers de familles québécoises, particulièrement les communautés noires.