Elizabeth-Ann Doyle :: La muse des murales montréalaises

Une murale à la fois, MU transforme Montréal en musée d’art à ciel ouvert. Chacune des 80 murales réalisées par l’organisme depuis 2007 participe à la démocratisation de l’art et à la revitalisation de quartiers ou des HLM, telles les Habitations Jeanne-Mance.

Et chaque murale de Montréal a sa raison d’être. «Ce sont toutes des œuvres uniques, de beauté et sur mesure, placées sur les murs de la ville. Les peintures murales, c’est l’art qui célèbre l’art», explique la cofondatrice et directrice générale de MU, Elizabeth-Ann Doyle.

Du MBAM à MU
Elizabeth-Ann Doyle possède une maitrise en histoire et une expérience de plus de quinze ans dans des entreprises culturelles, dont six années au Musée des Beaux-Arts de Montréal (MBAM). «Le Musée des Beaux-Arts de Montréal m’a tout apporté : c’était mon premier emploi permanent après mes études et mon premier emploi de gestionnaire – j’y ai donc appris les rudiments de la gestion (ressources humaines, budgets, échéanciers, communications, etc.). Ce premier emploi m’a permis d’avoir une expérience immersive avec l’art, de le vivre au quotidien et de découvrir sa puissance», raconte la jeune femme.

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Historienne
Lorsqu’elle étudie l’histoire, la discipline a déjà fait une révolution. Autrefois, étudiée de manière événementielle, l’histoire conçoit le passage de l’humain à travers le temps de manière transversale et globale. Elle explique : «Donc, au lieu d’étudier des personnages, des dates et des événements, notre formation est devenue beaucoup plus globale et basée sur les humanités. J’ai donc étudié la sociologie, la politique, l’économie, l’architecture et les arts».

Passé, présent, futur
La formation d’historienne de Mme Doyle l’amène à regarder le développement artistique urbain de Montréal avec un œil particulier. «Mon regard d’historienne fait en sorte que je suis avant tout sensible à la pérennité. MU pose des gestes qui transcendent les tendances et qui vont demeurer pertinents le plus longtemps possibles», souligne Elizabeth-Ann Doyle.
murale-carlitoSes six années au Musée des Beaux-Arts de Montréal forment une période-clé pour la suite de sa carrière. «Tous les jours, j’avais à traverser les deux pavillons du MBAM et donc à parcourir les salles. Découvrir, explorer, vivre l’art a été absolument déterminant dans mon cheminement, autant personnellement que professionnellement», soutient Mme Doyle.

Philadelphie
C’est lors d’un passage à Philadelphie, aux États-Unis, alors qu’elle travaille pour les relations publiques du Cirque du Soleil, qu’elle découvre l’ampleur du phénomène de la peinture murale (Mural Arts Program) dans cette ville. «C’est l’inspiration de MU», confirme la directrice. Cela va être l’étincelle. En 2006, elle fonde MU avec Emmanuelle Hébert.

Pensée globale, action locale
Depuis 10 ans, l’organisme embellit Montréal par des peintures murales à la fois belles et pertinentes, tel le portrait d’Alys Robi dans le quartier Centre-Sud. «Il faut un contenu narratif en relation avec le site», confirme la directrice. Plusieurs artistes jouent des pinceaux sur les murs, tels Annie Hamel, OMEN ou Roadworth, mais aussi de nombreux jeunes montréalais grâce au programme jeunesse de MU (Laisse ta trace).
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375 ans et 100 murales
«La prétention culturelle et artistique de Montréal doit se manifester partout, dans chaque quartier. Un défi à relever au quotidien et une œuvre à la fois», relève Elizabeth-Ann Doyle. Pour célébrer les 375 ans de Montréal, MU vise atteindre les 100 murales. Autant d’hommages aux artistes et à l’identité d’ici affichés sur les murs de la métropole.