Les Ateliers d’Antoine :: pour l’amour du bois et des jeunes

Si vous vous êtes reposés sur un des larges bancs-lits du Plateau Mont-Royal ou abrités du soleil dans la pergola du Cégep Marie-Victorin, vous le devez à l’esprit créatif de l’organisme Les Ateliers d’Antoine. Compostières, bacs à fleurs, pergolas et bancs prennent corps entre les mains des élèves de cette entreprise d’insertion sociale qui apprend les métiers du bois à des jeunes de 16 à 30 ans ayant vécu des situations d’échecs, socialement et à l’école.

Stopper la spirale des échecs
«Simple à faire, ce mobilier permet aux jeunes de réaliser de belles choses. Cela permet d’arrêter la spirale d’échecs qu’ils vivent, d’apprendre les contraintes d’un vrai travail et d’être créatif», souligne Karim Hajouji, agent de développement de l’organisme.

Retour au travail ou à l’école
Comme d’autres entreprises d’insertion professionnelle, dans la restauration par exemple, la mission de l’organisme Les Ateliers d’Antoine vise à faciliter le retour au travail ou à l’école des jeunes par le développement de compétences – ici, en techniques d’ébénisterie – à l’aide d’une formation de six mois. Les Ateliers d’Antoine forment 33 jeunes par année.

Créer et réaliser
Lancé en 1996 pour les jeunes du Centre jeunesse Mont-Saint-Antoine, le projet a beaucoup évolué. Il consistait au départ à reconditionner des bureaux décrépis. «Ces pièces uniques, données par les entreprises, passaient entre nos mains pour une cure de jeunesse. Mais on s’est vite rendu compte que les participants étaient plus spectateurs, alors nous nous sommes tournés vers la création de mobilier extérieur», raconte M. Hajouji.

Accompagner pour l’avenir
L’initiative nommée «Les bureaux d’Antoine» a pris le nom actuel «Les Ateliers d’Antoine» et comprend maintenant neuf employés, dont deux formateurs et un superviseur d’ateliers. Il y a aussi deux intervenants psychosociaux pour accompagner les jeunes dans leurs objectifs personnels. «Durant les deux tiers de son temps, le jeune est dans l’atelier. Le tiers restant, il prépare avec son intervenant son projet, cela peut être une recherche d’emploi ou un retour à l’école», explique l’agent de développement.

Construire de la fierté

Récemment, un projet à portée sociale a mobilisé les élèves. Il s’agissait de réaliser des meubles pour le service d’hébergement de la Maison du Père. De belles commodes que l’on peut admirer dans le catalogue de l’organisme. «Lorsqu’ils peuvent se sentir utiles, aider du monde, ils travaillent avec cœur. Cela touche leurs valeurs et cela les rend fiers», relève M. Hajouji. Une expérience positive et enrichissante que les élèves ont vécue aussi à la confection des rampes d’accès.