David Marshall :: Le bâtisseur citoyen

Les Pierrois et les Pierroises le connaissent comme l’homme derrière la transformation du Marché Saint-Pierre, du quartier de Lachine du même nom. David Marshall, le directeur de Revitalisation Saint-Pierre, personnifie l’urbanisme à vocation sociale. «C’est plus qu’un carrefour alimentaire ou une épicerie solidaire, c’est un projet d’économie sociale où s’impliquent des résidents bénévoles ou employés. Cela créé de l’emploi, du tissu social et répond aux besoins d’une population défavorisée», relève l’urbaniste de formation.

De Toronto à Saint-Pierre
Le Torontois d’origine a été d’abord agent de recherche au sein de la firme de design et d’architecture, Design International. Là où s’opérait de la planification urbaine avec de grands projets immobiliers internationaux entre autres en Chine, en Italie et à Dubaï. Il s’intéresse alors aux impacts de ces projets sur la communauté locale et termine une maîtrise d’urbanisme à l’Université de Montréal. «On peut penser aux J.O. de Vancouver qui ont entrainé un déplacement de la population plus démunie. Cela a été le sujet de mon mémoire», explique le coordonnateur du secteur de revitalisation urbaine intégrée (RUi) de Saint-Pierre.

Penser global, réaliser local
Sa formation et son expérience le poussent à regarder les grands projets urbains avec un œil plus critique : est-ce que cela répond aux besoins des résidents? Que deviennent les populations déplacées? Est-ce un projet durable? «Certains grands projets n’apportent pas que des effets négatifs. Il n’y a qu’à penser aux transports collectifs qui facilite la vie de ceux qui ne possèdent pas de voiture», tempère David Marshall.

Des améliorations concrètes
Décidé à rester à Montréal, il devient urbaniste à la CDEC de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce. Son mandat est alors de regarder les trois artères commerciales Queen-Marie, Côte-des-Neiges et Sherbrooke et de réaliser un diagnostic d’urbanisme afin de proposer des améliorations. On parle ici de recommandations pour améliorer les services publics : taille des trottoirs, lampadaires, parcs, etc. «On voulait régler des problèmes et améliorer la qualité de vie des résidents des deux quartiers. C’était très vaste», se souvient David Marshall.

De Revitalisation Saint-Pierre au RQRI
Depuis 2011, il est directeur général de Revitalisation Saint-Pierre, un comité de revitalisation urbaine intégré actif depuis 12 ans dans ce quartier de Lachine. Il a piloté la transformation du Marché Saint-Pierre en entreprise d’économie sociale pour lui donner le rôle de moteur économique et social du secteur avec un souci pour l’environnement. «Nous avons voulu un projet à participation sociale qui dynamise le quartier, c’est un peu le cœur communautaire du quartier», s’exclame celui qui est également président du Réseau québécois de revitalisation intégrée (RQRI). «Nous nous battons pour que le gouvernement québécois reconnaisse notre approche : travailler de manière concertée dans les milieux pour que tous les acteurs et les citoyens bâtissent ensemble le développement du quartier», relève l’infatigable bâtisseur.