CEP :: les Centres d’éducation populaire dans l’incertitude

Le milieu de l’éducation populaire est passé en mode survie après les coupes majeures à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), début 2015. Le 1er octobre dernier, une campagne de sensibilisation sur la précarité des centres d’éducation populaire était lancée, «30 jours pour sauver les CEPs». Le site web a recueilli 5493 lettres d’appui.

Besoins d’investissements
Une récente rencontre avec le sous-ministre adjoint du Ministère de l’Éducation, Yves Sylvain, a rallumé un peu d’espoir de s’acheminer vers une solution. «Il y a beaucoup de bonne volonté autour de la table, mais les incertitudes demeurent. L’enjeu reste l’investissement dans les bâtiments, ce qui signifie des millions de dollars», relève Benoît Lord, directeur général des Ateliers d’éducation populaire du Plateau et porte-parole de l’InterCEP.

InterCEP
InterCEP rassemble les six centres d’éducation populaire de Montréal. Ces lieux de regroupement d’initiatives communautaires et socioculturelles rejoignent plus de 6 000 familles. Ils assurent un large accès à l’éducation des citoyens dans divers domaines – informatique, langue, arts, etc. – et offrent des services de halte-garderie, cliniques d’impôts et de cafétéria communautaire.

Vision large de l’éducation
Deux chercheurs de l’UQAM, la sociologue Anouk Bélanger et le professeur Paul Bélanger du Département d’éducation et de formation spécialisée ont réalisé une étude sur la pertinence des Centres d’éducation populaire – dont on peut obtenir copie auprès des Ateliers d’éducation populaire du Plateau.

Complémentaires et essentiels
Ils soulignent que la programmation répond à la demande éducative de la population du quartier et a pour effet de briser l’isolement et d’accroître l’implication citoyenne dans le quartier, sans compter un sens accru d’efficacité sociale et éducative des participants. Cette forme d’éducation, qui prévaut depuis 45 ans, est donc complémentaire de l’éducation formelle, celle de l’école.

«La CSDM nous accompagne depuis les années 1960, avec le prêt des bâtiments. Un déménagement pourrait sonner le glas de nos services. Pour notre clientèle aussi, c’est mieux de rester ici», souligne Benoît Lord. Les centres d’éducation populaire ont jusqu’au 1er décembre pour présenter leur plan d’affaires. L’issue de cette impasse reste toutefois dans la cour du Ministère de l’Éducation et celle de la CSDM.