Le journal Ricochet :: le social à la Une

Ricochet a déjà un an. Ce jeune média multiplateforme se fond à merveille dans le nouveau paysage médiatique québécois, aux côtés de Nouveau Projet et de Planète F. Sans doute parce qu’il répond à un besoin : celui du « slow journalism » – un journalisme fouillé sur des sujets moins couverts par les gros médias, comme le social et l’international.

«Le succès de notre campagne de sociofinancement – 83 000$ pour bâtir notre plateforme et payer les journalistes – nous a appris que les lecteurs nous trouvent pertinents. Loin de l’instantané, nous privilégions l’analyse et les articles fouillés», présente la responsable de l’information journalistique, Gabrielle Brassard-Lecours.

La cause autochtone
La lutte des Cris de la Baie-James pour leur territoire, les enquêtes indépendantes sur la police ou encore l’itinérance migrante à Paris; les sujets alertent notre curiosité par leur regard différent sur des enjeux souvent oubliés. Les autochtones, l’environnement, le communautaire ou encore les questions syndicales, des thèmes peu courants dans les grands quotidiens.

Ceux qui écrivent, essentiellement des journalistes pigistes, ont de la place et du temps. Et ils peuvent le faire dans les deux langues, car Ricochet s’affiche bilingue, grâce à une petite équipe installée à Vancouver. Et les articles voisinent les chroniques de Gabriel Nadeau-Dubois pour la politique et de Ianik Marcil pour l’économie.

Place aux abonnés
Jeune, francophone et branché sur les médias sociaux, le lecteur type peut même prendre part au journal en proposant et encourageant des sujets d’article. «C’est le privilège d’être abonné. Pour 5$ par mois, vous avez accès à la salle des nouvelles et pouvez voter pour le sujet que vous aimeriez voir traité. Un article sur six répond à ce traitement», explique Mme Brassard-Lecours.

S’il n’y a pas de version papier à Ricochet, l’équipe ne refuse pas pour autant d’explorer un jour cette avenue. «On aimerait ça et aussi coller un peu plus à l’actualité. Pour cela, nous avons besoin d’un peu plus de stabilité dans l’équipe – essentiellement bénévole. Notre principal défi est de trouver comment le financer adéquatement», confie la responsable de l’information. La phase deux de Ricochet commence maintenant : trouver comment faire durer ce magazine web au regard différent sur l’actualité.