idAction Mobile :: Émanciper grâce aux écrits

La caravane philosophique et culturelle d’idAction Mobile parcourt les rues de Montréal en transportant à son bord une bibliothèque, des revues, des carnets, des crayons et du matériel d’art. «Nous visons l’émancipation intellectuelle de tous les citoyens, particulièrement ceux qui sont en marge et les itinérants», annonce la chargée de projet Dorothée de Collasson.

Développée sur le modèle de la caravane du Centre d’amitié autochtone de Montréal, cette caravane suscite des rencontres intellectuelles et créatives là où nombre de gens sont, dans la rue. Depuis trois ans et demi, elle arpente les rues montréalaises à raison de quatre heures, quatre fois par semaine. «Nous circulons principalement dans Centre-Sud et sur le Plateau, mais nous avons développé une version chariot qui nous permet de descendre dans les métros, c’est là que les gens se réfugient quand il fait froid», précise la chargée de projet.

Médiation intellectuelle
Le projet idAction s’apparente à une boîte à outils pour doter les citoyens, particulièrement ceux à risque d’exclusion, d’outils pour formuler les pensées, se conscientiser aux enjeux sociaux et développer son esprit critique et la volonté d’agir sur la société. Par exemple, la caravane a dans ses tiroirs la Déclaration universelle des droits de l’Homme et en propose une lecture critique.

«Très souvent, les gens ne l’ont pas lu. Nous demandons alors aux gens ce qu’il faudrait y ajouter pour que cette déclaration de droits soit plus inclusive. En anglais, on parle d’ailleurs de «Human Rights», ce qui l’est beaucoup plus», explique Dorothée de Collasson.

Des livres et de l’art
Les artistes sont également conviés à partager avec le plus grand nombre leur vision du monde et leur démarche. Ainsi, les squares Cabot et Viger ont hébergé l’été dernier trois résidences destinées à interpeller les passants : «De fil en aiguilles» avec Élise Hardy, «Fruits du jour» avec Soufia Bensaïd et «Liaisons improbables» avec Nicolas Rivard.

«Ce sont des territoires de cohabitation entre itinérants et résidents qui ne se parlent guère. Nous voulions pousser les gens à interagir autour d’objets et de projets dans une même vision artistique et sociale, souvent poétique», relève l’agent de projet. La création est alors le prétexte de la rencontre entre citoyens.

Un été au Square Cabot se découvre ici et en photos par là.