Le Conseil interculturel de Montréal

Montréal est une ville cosmopolite. Les communautés montréalaises – elles sont plus d’une centaine – colorent nos rues, apportent avec elles des saveurs nouvelles et des parfums alléchants dans nos épiceries, mais aussi une culture et des besoins différents. À Montréal, ces communautés d’origines diverses représentent environ 30 % de la population. Pour l’écouter, la Ville s’est dotée d’un outil : le Conseil interculturel.

Je suis allée les rencontrer pour en apprendre davantage sur la diversité montréalaise. De cet échange, je vous livre cinq regards sur une réalité montréalaise méconnue.

Montréal, 5e ville interculturelle au monde
Montréal a été accréditée en 2011 comme « cité interculturelle ». Elle se classe en 5e position sur 40, derrière Neuchâtel, Oslo, Zurich et Dublin. Cette reconnaissance du Conseil de l’Europe et de la Commission européenne a été obtenue pour l’ensemble de ses actions dans le domaine interculturel. Et c’est une bonne chose puisque Montréal accueille 70 % de l’immigration internationale venue s’installer au Québec. D’ailleurs, si 1/3 des Montréalais sont nés à l’étranger, c’est près de la moitié de la population qui a des liens importants avec l’étranger. En effet, en comptant les enfants d’immigrants, nés au Québec et la troisième ainsi que la quatrième génération, 44 % des Montréalais sont issus de l’immigration.

Contribuer économiquement à l’essor de Montréal
Un des défis auxquels les communautés d’origines diverses (et plus particulièrement les immigrants arrivés il y a cinq ans et moins) sont confrontées, c’est l’intégration sur le marché du travail. L’emploi est l’une des clés fondamentales de l’intégration des immigrants à leur société d’accueil. Il existe encore aujourd’hui plusieurs obstacles auxquels les immigrants sont confrontés : non-reconnaissance des diplômes, surqualification, préjugés, etc.

Certaines initiatives, comme Emploi Nexus, visent à les aplanir. Emploi Nexus est un programme de la Ville, qui offre aux entreprises de l’information, des outils, du soutien et des références pour le recrutement et le maintien à l’emploi des professionnels issus de l’immigration. En soutenant les entreprises de son territoire qui font face aux défis du recrutement et à la pénurie de main-d’oeuvre annoncée, la Ville favorise l’intégration économique des communautés d’origines diverses. Ainsi, elles peuvent contribuer activement à l’essor de Montréal.

Contrer le profilage racial
Le profilage racial est un phénomène qui touche principalement les grandes agglomérations urbaines cosmopolites. Montréal, à ce titre, ne fait pas exception. Ce phénomène n’y est cependant pas institutionnalisé, comme l’indique l’avis du Conseil interculturel sur la question. Depuis 2010, la formation obligatoire des policiers s’est enrichie d’un volet de « formations adaptées » aux réalités des policiers, et ce, dans une perspective visant à susciter des interactions et des réflexions sur les relations policiers–citoyens. Les policiers des 32 postes de quartier de Montréal sont, aujourd’hui, formés à cet effet.

Le Service de police de la Ville de Montréal est également le seul service de police en Amérique du Nord à s’être doté d’un plan stratégique et d’une politique de profilage racial. Celui de 2012-2014 a fait l’objet d’un bilan et sera mis à jour sous peu.

La diversité : dans les rues, mais aussi dans les arts
La diversité montréalaise est une telle richesse, qu’on serait en droit de s’attendre à une forte représentation de cette tranche de la population sur nos écrans et notre scène culturelle. Ce n’est pourtant pas encore le cas. Cependant, durant la saison estivale, quantité de festivals hauts en couleurs animent les rues de Montréal.

Plusieurs d’entre eux bénéficient du programme de soutien à la diversité des expressions culturelles – festivals et événements, un programme d’aide financière de la Ville, qui vise à promouvoir l’interculturalisme en favorisant le partage et l’expression de la diversité culturelle montréalaise.

Le Conseil interculturel
Le Conseil interculturel de Montréal (CiM) est l’instance de consultation et d’échanges en matière de relations interculturelles à la Ville. C’est un peu la voix des communautés d’origines diverses, celle qui rapporte aux oreilles de l’Administration leurs préoccupations.

Fondé en 2003, le CiM est constitué de 15 membres bénévoles représentant la diversité montréalaise, impliqués dans leur milieu, s’intéressant aux enjeux municipaux et désireux de contribuer à la collectivité. Leur objectif est de favoriser l’intégration et la participation des membres des communautés d’origines diverses à la vie politique, économique, sociale et culturelle de Montréal.