Gestion au féminin :: état des lieux

Selon l’Institut de la statistique du Québec, les femmes représentent près de la moitié des personnes en emploi et sont proportionnellement plus nombreuses que les hommes à détenir un diplôme d’études universitaires. Or, une enquête menée par Catalyst en 2012 révèle que dans les 500 plus grandes entreprises canadiennes, 18,1 % des postes de la haute direction sont occupés par des femmes. Surprise?

Le plafond de verre : état de fait
Cet état des lieux n’est pas une spécificité canadienne. En France, les moyennes et grandes entreprises sont largement dirigées par des hommes. En 2008, c’était 93 %, mais j’ose croire qu’il y a eu quelques progrès depuis. Aux États-Unis, si les femmes occupent 45 % des postes de gestionnaires, elles ne constituent que 5 % des cadres dirigeants. Quand on leur offre la possibilité d’accéder aux hautes sphères de la direction, les femmes sont astreintes à des postes qui valorisent des compétences relationnelles. Autrement dit, des compétences plus féminines…

Des préjugés qui ont la couenne dure
Les compétences ont-elles un genre? Il semblerait que dans notre esprit, les stéréotypes sont bien ancrés. Je ne suis pas psy, mais si j’associe à un gestionnaire les termes suivants : charisme, combativité, pouvoir… penserez-vous à un homme? Même si ce n’est pas votre cas, ces termes sont implicitement associés à des hommes. Pour vous rafraîchir la mémoire, allez lire quelques articles des détracteurs de Pauline Marois lors des élections. La politique reste un fief masculin…

Encore aujourd’hui, le modèle idéal du haut dirigeant est celui qui ne compte pas ses heures et qui, en plus d’être disponible, est mobile (voyages d’affaires). Ça ne sonne pas très masculin pour vous? Non pas que les femmes ne soient pas capables d’offrir la même chose, mais disons que dans ce cas, les enfants peuvent être perçus comme un obstacle préjudiciable à la carrière.

Avec une population vieillissante, ce n’est pas vraiment une bonne idée que le taux de natalité continue à chuter… Il serait peut-être temps de changer les mentalités : la maternité n’est pas une maladie et ne devrait pas être non plus un frein à la carrière.

Le dernier frein identifié dans la littérature est celui de « l’entre-soi ». À compétences égales, un dirigeant va choisir de recruter dans son équipe de direction une personne qui lui ressemble. En gros, les hommes recrutent des hommes. C’est réducteur et pas si simple, mais les statistiques nous prouvent que ce raisonnement ne peut être tout à fait erroné.

Enquête Catalyst 2013