Ensemble pour une ville accessible à tous

La célébration de la Journée internationale des personnes handicapées nous rappelle tous les 3 décembre l’importance de favoriser l’intégration des personnes handicapées dans nos villes et dans nos vies. Proclamée en 1992 par les Nations Unies, la journée aura pour thème en 2014 : « La technologie, au service de la participation sociale des personnes handicapées! »

C’est l’occasion idéale de réaffirmer certains principes importants, comme l’égalité en dignité et en droits de tous, et également de souligner les lacunes en matière d’éducation et d’accès au travail pour les personnes handicapées. La technologie joue un rôle incontournable dans l’aménagement de lieux de travail accessibles, tout comme dans l’accès au loisir.

« Il y a encore beaucoup à faire. Montréal a un projet de ville intelligente, mais il reste encore beaucoup d’obstacles liés à la technologie pour les personnes avec un handicap. Ce n’est pas toujours simple au quotidien, mais le futur pourrait être prometteur », souligne Monique Lefebvre, la directrice de l’organisme montréalais AlterGo.

Un colloque pour passer à l’action

Fort de sa mission d’abolir les obstacles au loisir pour les personnes avec une limitation fonctionnelle, AlterGo rassemblera le 2 décembre prochain, des dirigeants d’organismes, des représentants de la Ville de Montréal et des élus pour faire le tour de l’accessibilité en loisir.  (L’événement est reporté au 3 février 2015)

Ils seront invités à discuter des actions prioritaires à mettre en place pour favoriser l’accès universel en loisir au cours de la prochaine année en participant à deux ateliers de travail. Chaque atelier portera sur l’un des quatre axes de l’accessibilité identifiés dans la politique sur l’accessibilité universelle de 2002 : « architectural et urbanistique », « programmes, services et emploi », « communications » et « sensibilisation et formation ».

« On va mettre ensemble tous les intervenants, le personnel municipal et les élus – ceux qui peuvent changer les choses – autour d’une même table pour identifier une action par axe. Cela va donner quatre actions à entreprendre en 2015 », explique la directrice.

Pour souligner la journée, l’organisme a choisi de privilégier la formule d’un colloque de réflexion autour de la mise en œuvre de l’accessibilité universelle permettant de rassembler les porteurs de dossiers en culture, sport et loisirs de la ville de Montréal et tous les autres organismes concernés.

Rassembler pour aider

Alors que la période est à l’austérité, le projet est plus porteur que la simple cause des personnes handicapées. « Nous sommes les parents pauvres des différents programmes gouvernementaux. Lorsqu’en 1981 a été lancée l’Année internationale des personnes handicapées, la récession a suivi. La période n’est pas très différente », annonce Monique Lefebvre.

Beaucoup d’organismes communautaires œuvrent à la cause et elle s’en félicite. La directrice convient qu’il pourrait y avoir toutefois plus de concertation et de partenariats. « La préoccupation d’efficacité et de manque de moyens financiers stimule notre milieu. Ensemble, nous allons mieux faire les choses. Il y a déjà beaucoup de collaborations spontanées », rappelle Monique Lefebvre.

Centraide du Grand Montréal axe d’ailleurs son action sur le rassemblement des organismes communautaires qui œuvrent à rejoindre les personnes marginalisées. Elle salue également les 1200 bénévoles qui portent le Défi sportif AlterGo.

« Dans le milieu communautaire, nous sommes habitués à faire beaucoup avec peu de moyens. Avec la recrudescence de la reddition de compte, nous sommes rendus très efficaces dans nos actions », soutient la directrice.

Inspiration et sport

De nombreuses expériences l’inspirent, telles que Jarry Deuxième Café Bistro. Mme Lefebvre a participé au premier sommet mondial « Destinations pour tous », qui s’est tenu à Montréal fin octobre. Organisé par Kéroul, cet événement a rejoint plus de 300 personnes venus de 30 pays et s’est clôt sur une déclaration pour maintenir la concertation en vue de mettre en œuvre les recommandations de l’Organisation mondiale du Tourisme en faveur d’un tourisme accessible à tous.

Elle retient de son côté un commentaire, entendu récemment dans un club de hockey sur luge : « La pratique du sport m’a sauvé la vie ». Alors qu’on pointe souvent l’accès au travail, le loisir constitue la première porte d’inclusion sociale, selon elle. « On oublie souvent la force incroyable du sport. La pratique sportive redonne goût à la vie et a un fort impact social. Cela change aussi la vie de beaucoup d’enfants qui resteraient isolés à la maison », pense Monique Lefebvre.

Toujours à Montréal, l’Université du Québec à Montréal (UQAM) organise une pleine Semaine citoyenneté et handicap pour souligner la Journée internationale des personnes handicapées. Du 1er au 5 décembre, sous le thème du « Partage des savoirs, mouvance et transformation du handicap », les participants sont invités à réfléchir sur les conditions de vie, les facteurs sociaux de leur exclusion ou inclusion sociale et les différentes stratégies susceptibles de soutenir leur émancipation.

À consulter aussi…
Journée internationale des personnes handicapées 2014 par l’Office des personnes handicapées du Québec