Démarche montréalaise de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale

Mandatée par le gouvernement du Québec dans le cadre du Plan d’action gouvernemental pour la solidarité et l’inclusion sociale, la Ville de Montréal a amorcé, au printemps 2010, une démarche concertée visant à élaborer et mettre en œuvre un plan d’action pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale sur son territoire.

S’appuyant sur un comité de pilotage regroupant les grands partenaires régionaux, les travaux de la Démarche montréalaise de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ont débouché sur un plan d’action ayant reçu l’accord du comité exécutif en mai 2012. Intégré à l’Entente sur la gestion du Fonds québécois d’initiatives sociales dans le cadre des Alliances pour la solidarité adoptée par le conseil d’agglomération le 23 août 2012, mais toujours en attente de l’approbation du gouvernement du Québec, en date du 23 novembre, le plan d’action compte quatre grandes propositions d’action. Ces propositions d’action portent sur :

  • le développement et la consolidation de l’approche territoriale intégrée, qui met l’accent sur la mobilisation des communautés locales autour des enjeux liés à l’amélioration de la qualité de vie dans les quartiers défavorisés, sur le plan des conditions socioéconomiques comme sur celui du cadre physique;
  • l’intégration des personnes immigrantes, par le biais de stratégies axées sur l’accueil des nouveaux arrivants et l’intégration en emploi;
  • le renforcement des interventions sociales dans le domaine de l’habitation, par des initiatives de requalification de milieux en difficulté, des interventions en matière de salubrité et de rénovation du parc locatif privé, ainsi que des mesures d’animation dans les grands ensembles HLM;
  • la consolidation et le développement du soutien aux personnes itinérantes, plus particulièrement dans les domaines de la santé mentale et du soutien aux grands refuges.

Depuis 2003, la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec ont conclu plusieurs ententes visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale. La dernière de ces ententes se termine en mars 2013. La nouvelle Alliance pour la solidarité adoptée par le conseil d’agglomération le 23 août dernier devrait remplacer l’entente actuelle pour la période 2013-2014. Cependant, cette nouvelle entente ne répond pas aux besoins exprimés dans la Démarche montréalaise de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Les enjeux pour la Ville de Montréal sont donc :

  • d’assurer la continuité des actions entreprises dans le cadre de l’entente actuelle en renouvelant ladite entente dans le cadre de l’Alliance;
  • de réaliser les actions retenues par la Démarche montréalaise concertée de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.

Positionnement de la Ville de Montréal
Le poids de la pauvreté et de l’exclusion sociale à Montréal est un obstacle majeur au développement de son propre territoire, mais aussi du Québec dans son ensemble. Des actions importantes doivent être entreprises rapidement si l’on veut infléchir significativement le taux de pauvreté de la métropole, en croissance depuis 1997 contrairement à l’ensemble du Québec. Si plusieurs de ces actions relèvent des autres niveaux de gouvernement, il est maintenant reconnu que les municipalités jouent un rôle déterminant dans un contexte où les mutations économiques, environnementales et sociales posent un défi à l’ensemble de la société et de ses institutions.

En mandatant la Ville de Montréal pour animer une démarche de plan d’action dans le cadre de son plan de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, le gouvernement du Québec a reconnu son leadership et sa capacité d’agir. En acceptant de porter, avec le soutien de ses partenaires, le Plan d’action montréalais de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, la Ville rappelle que la contribution du gouvernement est essentielle. Elle souhaite que cette contribution s’inscrive dans un cadre qui reconnaisse l’engagement municipal relié aux enjeux touchés par le plan d’action montréalais (approche territoriale dans les quartiers défavorisés, intégration des immigrants, interventions sociales en habitation et itinérance) et lui donne les moyens d’intervention nécessaires. Le cadre en question pourrait être le contrat de territoire, décrit dans la Stratégie gouvernementale d’occupation et de vitalité des territoires comme un outil notamment «destiné à favoriser une action conjointe et concertée des organismes des milieux et du gouvernement».

Dans ce contexte, la Ville de Montréal a amorcé une démarche avec les villes de Laval et Longueuil visant à élaborer une déclaration conjointe sur trois des enjeux du plan d’action montréalais partagés par les trois villes : le développement de l’approche territoriale dans les quartiers défavorisés, l’intégration des immigrants et le renforcement des interventions sociales en habitation. Cette alliance entre les trois villes, qui représentent le tiers de la population du Québec, mais la moitié de sa pauvreté, devrait favoriser une meilleure prise en compte par le gouvernement des enjeux identifiés et permettrait d’envisager la conclusion de contrats de territoire pour chacune d’entre elles. La Table Québec-Municipalités a déjà été informée de cette démarche et il est prévu que la déclaration conjointe soit déposée lors de la prochaine rencontre.

Résultats escomptés
Établis sur la base des constats dégagés à partir du portrait de la situation de la pauvreté à Montréal, les objectifs du plan d’action montréalais consistent à répondre aux enjeux identifiés comme prioritaires pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale sur le territoire montréalais. Un certain nombre de résultats sont attendus dans chaque orientation retenue:

1. Développer l’approche territoriale (ATI)

  • consolider et développer les actions au niveau local dans les douze secteurs actuels;
  • renforcer la stratégie de revitalisation urbaine intégrée (RUI), notamment par le programme d’immobilisations.

2. Mieux intégrer les personnes immigrantes:

  • mieux accueillir et intégrer les personnes immigrantes à Montréal;
  • réduire les effets de la pauvreté sur cette catégorie de la population.

3. Intervenir dans les grands ensembles résidentiels:

  • maintenir un marché résidentiel équilibré, diversifié et plus accessible;
  • conserver le parc locatif montréalais en bon état et abordable;
  • assurer la création de milieux de vie aidants pour les ménages et les personnes vulnérables, notamment dans les douze HLM familles;
  • optimiser et pérenniser les retombées des investissements publics en habitation.

4. Intervenir auprès des itinérants :

  • répondre aux besoins de base des personnes en situation d’itinérance ou à risque, notamment celles ayant des problèmes de santé mentale;
  • réduire les problèmes de partage de l’espace urbain et le renforcement de l’exercice de la citoyenneté.