Les relations interculturelles :: Forum des intervenants municipaux en développement social

«L’interculturel, c’est du donné et du recevoir», de clamer Rodney Saint-Éloi, écrivain et éditeur d’origine haïtienne à la trentaine de participants présents à la rencontre du 27 mars dernier. Avec Ghayda Hassan – professeure au Département de psychologie de l’UQAM et membre de l’équipe de psychiatrie transculturelle du CSSS de la Montagne – il a permis aux participants du FIMDS de sortir de leur zone de confort. Ainsi, les participants ont-ils partagé en toute transparence leurs réflexions et interrogations sur un thème qui ne cesse de susciter au quotidien beaucoup d’émotions sur le plan des chocs culturels et des valeurs.

Immigrant et société d’accueil : intégrer sans se désintégrer
Sortant du sempiternel cercle vicieux du «qui a tort et qui a raison» entre le nouvel arrivant et sa société d’accueil ou «du bourreau et de la victime», on peut arriver à dépasser ces chocs, voire établir de véritables relations interculturelles à partir de ceux-ci. Encore, faut-il que l’écoute et l’ouverture soient au rendez-vous et que les jugements hâtifs soient mis de côté.

L’activité brise-glace de la «valise mentale» qui caractérise chaque culture a permis de mieux connaître et reconnaître son identité grâce au regard des autres. Le jeu des identités présenté par madame Hassan et les questions lancées, non contaminées par le «politically correctness», constituent aussi des clés qui permettent de prendre conscience de ce qui caractérise sa culture sans chercher à prétendre être meilleure que les autres, tout en amenant le nouvel arrivant à s’intégrer sans se désintégrer.

Cela vaut autant pour la culture de la société d’accueil qui n’a pas à se renier mais qui évolue aussi dans la cohabitation et le contact avec les autres, refaçonnant ainsi les identités des uns et des autres. La rigidité et les mauvaises interprétations ne sont pas de mise, surtout quand on est plus conscient des écueils qui marquent différemment les enfants, le père, la mère et leurs proches dans leur parcours migratoire.

Connaissance et reconnaissance
Tout en travaillant à éviter de renvoyer un miroir social négatif auprès des nouveaux arrivants (incluant le profilage racial), les intervenants municipaux peuvent certainement faciliter l’établissement de relations interculturelles fructueuses via diverses pratiques et projets ainsi qu’une offre pertinente et adaptée de services de proximité. Pensons seulement à l’accueil et l’animation dans les bibliothèques, l’organisation d’événements rassembleurs et conviviaux, l’aménagement d’espaces publics intergénérationnels, une meilleure connaissance et reconnaissance de l’histoire des uns et des autres et de leur apport à la culture commune publique dans la toponymie et la dénomination de rues et de parcs, la discrimination positive dans l’embauche, etc.

Bref, cette journée de formation nous a permis d’ajuster notre regard des autres en portant de nouvelles lunettes plutôt que celles de nos croyances qui nous empêchent de voir les gens comme ils sont.

Inclure documents et liens http://collectifquartier.org/comites-et-groupes/fimds/rencontre-du-27-mars-2012-les-relations-interculturelles/